La préhistoire
La découverte sous le sable de la plage, jusqu'à 500 mètres en face des marais qui séparent Villers-sur-Mer de Blonville, de tourbières, contenant des ossements fossiles de la faune quaternaire (une dent de mammouth fut trouvée dans ces tombes vers 1820), atteste l'existence à la fin des glaciations quaternaires de l'importante forêt des Martrois ou Martroux.
Cette forêt bordait à l'époque la vallée de la Seine et s'étendait jusqu'à l'emplacement actuel de l'embouchure du fleuve.
Suite à la montée du niveau de la mer, cette forêt fut par la suite submergée
La cité gallo-romaine
Il y a vingt siècles, lors de l'invasion des Gaules par les Romains, ceux-ci établirent une chaussée militaire, dont on a retrouvé les traces à la fin du XIXe siècle, reliant Pont-l'Evêque à Varaville.
Les appellations de «Voie Maine de Bas et Voie Maine de Haut» du cadastre de 1824, s'appliquant à des parcelles situées à l'emplacement de l'actuelle avenue du Docteur Sicard, semble bien désigner d'anciennes «voies romaines».
De nombreux débris de poteries et de canalisations gallo-romaines recueillis dans le quartier du Tennis-Club semblent attestés de l'existence d'une agglomération romaine dont l'activité était probablement centrée autour d'un point fortifié.
Le bourg médiéval
Au Moyen-Age, Villers-sur-Mer, dénommé «Sanctus Martinus de Villaribus » puis «Villare Supra Mare» d'après A. Labutte (Essai historique sur la région, 1840), était un des plus gros bourgs de la contrée; il comptait 73 feux en 1691, alors que Dives-sur-Mer n'en possédait que 55). Mais peu à peu, la mer ayant dévoré la plage, les maisons reculèrent et s'entassèrent au pied de l'église.
Le bourg de Villers s'amoindrit insensiblement jusqu'à n'être plus qu'un hameau.
Les seigneurs de Villers-sur-Mer, compagnons de Robert de Courteheuse, prirent part à la prise de Jérusalem au cours de la première Croisade. Un prêtre, messire Thomas des Camps, créa à Villers-sur-Mer, en 1412, l'une des premières écoles de garçons de toute la région et lui fit une dotation importante, pour que l'enseignement y fut gratuit.
Villers-sur-Mer, située sur le passage de Rouen à Caen, par le Chemin de Grève longeant la mer, reçut la visite d'hôtes illustres. La venue de Guillaume le Conquérant semble vraisemblable, Villers étant situé entre Dives, lieu de rassemblement de sa flotte avant l'invasion de l'Angleterre, et de Bonneville où il fit construire une important forteresse.
Du XVIe au XVIII siècle
C'est une période durant laquelle Villers connaît un important développement : de nombreuses fermes
sont construites dont certaines subsistent encore.
On édifie un château de pierres et de briques suivant la mode de l'époque.
Sous Louis XV, son propriétaire est Jean Pâris de Monmartel, financier écouté du roi et parrrain de la marquise de Pompadour. Son fils, connu sous le nom de Marquis de Brunoy, se rendit célèbre par ses excentricités fastueuses. Sa famille le fit interdire pour avoir dilapidé en quelques années la somme fabuleuse pour l'époque de 40 millions or.
A sa mort, le château revient à un cousin, Antoine de Pâris d'Illins dont le fils Raoul prendra une place importante à l'essor de la station balnéaire; il fut le maire de Villers pendant près de vingt ans.
Au milieu du XIXe siècle, Villers-sur-Mer n’était qu’un modeste village et ne comptait que quelques cabanes de pêcheurs, couvertes en chaume, groupées autour du presbytère et de la place du Bourg; un ruisseau ombragé descendait à l'emplacement de la future rue de Dives (D513).
La naissance des stations balnéaires
Le mythe fondateur de toute station de villégiature veut que celle-ci soit découverte par un artiste ou un personnage bohème, en quête d’inspiration auprès de la beauté sauvage de la nature. En vérité, si les artistes (particulièrement les peintres) flairent les futurs endroits de détente et de distraction de la bourgeoisie, les stations doivent leur naissance à des promoteurs aguerris, à la recherche de gains financiers.
La " découverte " de Villers a été apparemment précédée par un certain engouement des artistes, dès les années 1840. Les peintres Paul Huet et Constant Troyon, ainsi que l'écrivain Alphonse Karr, auraient fréquenté l'endroit, à la recherche d'un cadre plus champêtre et sauvage que Trouville.
De toute la « Côte Fleurie » (appellation instaurée en 1903), Trouville est la plus ancienne des stations, « découverte » en 1825. S’ensuivent Beuzeval vers 1849-1850, Cabourg en 1853, Houlgate en 1854, Deauville en 1859. Le Villers balnéaire quant à lui a été « découvert», très vraisemblablement, en 1856.
Les fondateurs
En 1852. M. Lepereur, négociant à Paris, construisit le premier hôtel à l'emplacement de la villa «Les Tourelles, à l'entrée de la rue de Strasbourg.
Félix Pigeory, architecte parisien, est séduit par le site de Villers. Il achète de nombreux terrains, fait édifier un casino et un établissement de bains en bordure de mer et trace le plan de la future station balnéaire.
Pierre Pitre-Chevalier, successeur d’Alphonse Karr en tant que rédacteur en chef du Figaro, lance Villers. Il fait construire la villa Durenne, admirablement située face à la baie de Seine, qui abrite aujourd'hui l'Office du Tourisme.
Charles Duprez, restaurateur parisien, s'éprend aussi de notre ville et crée le premier grand hôtel - 80 lits - l'hôtel du Casino, aujourd'hui résidence.
De somptueuses constructions, dûes pour la plupart aux architectes Alfred Feine et Ernest Delaistre s'élèvent au milieu de parcs. L'exemple le plus fastueux est donné par San-Carlo, un véritable château construit par Monsieur et Madame Demachy. Les Demachy sont banquiers à Paris depuis le Premier Empire.
En quelques années, Villers-sur-Mer fut doté de nombreuses villas, d'un Casino, pavillon polygonal en bois situé en bord de mer, et d'un Etablissement de bains chauds situés rue de la Mer, fréquentés par la haute société parisienne.
Le développement de la station
Pigeory choisit de développer la station du côté des falaises. Il a probablement deux raisons : d’une part, la beauté du site ; d’autre part, le caractère marécageux du terrain plus à l’est. Pigeory opte pour le modèle du parc pittoresque, typique de l’époque. Il conçoit les propriétés sur les hauteurs comme des parcelles traversantes entre deux rues, typologie parcellaire reprise dans d’autres quartiers. Les différences de niveau, mais aussi l’architecture dissymétrique des villas contribuent à donner une image riche et pittoresque du site.
Vers 1870 apparaissent folies architecturales et grandes villas. Les typologies sont variées, du simple chalet aux compositions sophistiquées de style néo-Louis XIII. Dans le centre ville, les premières grandes villas sont érigées dans la zone marécageuse.
Cette évolution vers l’est s’accélère avec l’arrivée du train en 1882.
La nouvelle église Saint-Martin et l'Hôtel de Ville sont édifiés à la fin du XIXe siècle, ce dernier en 1887.
La population atteint 1 411 habitants en 1901.
Des fastes aux épreuves
A la «Belle Epoque», la vogue nouvelle des bains de mer attire de nombreux estivants à Villers-sur-Mer. Des personnalités des lettres, des arts et de la politique fréquentent cette plage aristocratique : la comtesse de Béarn, fille du banquier Demachy, constructeur de «San Carlo», ; Marte Chenal, cantatrice de l'Opéra qui s'illustra en chantant la «Marseillaise» en 1918 sur les marches de l'Opéra, le peintre Paul Huet, les compositeurs Alfred Bruneau et Charles Koechlin…
C'est surtout entre les deux guerres mondiales que Villers-sur-Mer s'étend d'Ouest en Est et s'équipe : une nouvelle digue est construite en 1934 ; plusieurs grands hôtels sont bâtis (« Bellevue », « Normandy », « Hôtel de Paris », « la Rive Normande », « Regina »).
Mais la population sédentaire reste stable de 1 411 habitants en 1901 à 1 468 en 1936.
Villers pendant la guerre
Pendant la guerre 1939-40, les Ecoles préparatoires à Saint-Cyr et Polytechnique se replièrent à Villers-sur-Mer.
Villers-sur-Mer fut occupée en juin 1940 par les troupes allemandes qui fortifièrent le littoral comme l'attestent encore la présence de plusieurs «blockhaus». L'armée allemande avait même installé sur la plage de Villers-sur-Mer (à l'extrémité de la rue de la Mer) une rampe de lancement pour «torpilles humaines».
Villers-sur-Mer fut libérée le 22 août 1944 par la brigade belge du Général Piron que commémore justement l'avenue des Belges et l'avenue de la brigade Piron ex avenue de la gare.
Plusieurs rues de Villers-sur-Mer perpétuent le souvenir des héros Villersois de la guerre et de la Résistance : le capitaine de Carpentier, les lieutenants d'Hérouville, Bagot et Fanneau, Denise Clairouin.
A la Libération, Villers-sur-Mer recueillit de nombreux réfugiés de Caen détruite, voyant sa population atteindre 1 761 habitants en 1946.
Cap sur le 3e millénaire
Villers-sur-Mer continua à s'équiper notamment sous l'impulsion de Victor Duprez, petit fils de Charles Duprez, longtemps maire : construction du Groupe Scolaire en 1954, du C.N.V. en 1970 et du Syndicat d'Initiative à la villa Durenne» en 1972. Ses successeurs poursuivront l’extension vers l’est, investissant le marais.
En 1976, l'autoroute Paris-Normandie est mise en service de Paris à Caen. La bretelle de Deauville l'amène à quelques kilomètres de Villers. Parcours autoroutier qui met la station à 2 heures environ de la capitale.
La fin du XXe siècle verra l’extension du tennis et la construction d’un ensemble sportif à son extrémité, la création d’une nouvelle digue à l’est de la station, l’aménagement d’un secteur piétonnier dans le centre ville, la transformation du casino …
Avec le début de ce millénaire, Villers poursuit son développement avec de nombreux travaux de rénovation et de création : la préservation du Marais par l’établissement d’une zone naturelle autour d’un plan d’eau, nouvel éclairage de l’église St Martin, agrandissement de la bibliothèque, adjonction d’une tribune au stade, nouvelles infrastructures sur la digue est, restructuration du centre ville, réalisation de logements sociaux, d’une maison des saisonniers et proposition de parcelles pour l’accession à la propriété, création d’une ZPPAUP afin de protéger le patrimoine architectural de Villers, implantation de grands hôtels…
Ces derniers mois ont également vu l’apparition de courts de tennis couverts et d’un Espace Associatif et Culturel, le Villaré.
Et demain, début 2011, l’Odyssée ouvrira ses portes pour valoriser trois éléments indissociables de Villers : les falaises des Vaches Noires, le Marais et le méridien de Greenwich.
Carte d'identité
Région : Basse-Normandie
Département : Calvados
Arrondissement : Lisieux
Canton : Trouville - Deauville
Superficie : 862 hectares
Population : 2.637 habitants
Densité : 306 habitants au km2
Nom des habitants : villersoises et villersois
Villes jumelées : BOFFZEN (Allemagne) - WICKHAM (Angleterre)
Une longue plage de sable fin, une élégante architecture balnéaire, un véritable foisonnement floral, un centre-ville coquet, à deux pas de la mer et de la campagne. Villers concentre tous les charmes de la Côte Fleurie dont elle occupe le coeur à mi-chemin entre Deauville et Cabourg.
Une station dynamique et créative
Villers a toujours su conserver un charme simple par delà les modes et les époques. Plage des enfants dans l’entre deux guerres, elle revendique haut et fort son identité de station familiale à l’ambiance conviviale et chaleureuse. En attestent les nombreux animations gratuites pour petits et grands tout au long de l’année :
Journées florales en avril, Fête du Dinosaure en juin, Pique-nique géant, Festival Sable Show, Festival des Nouveaux Talents, Danse sur la Sable, Fête de la Coquille Saint Jacques en octobre, Fête du Chocolat en décembre … et toute l’année : ateliers du méridien, ateliers des chefs, balades nature, conférences, expositions, audiovisuels, cinéma…
Sans oublier les multiples activités culturelles, manuelles, sportives et de loisirs proposées par les associations villersoises.
A Villers-sur-Mer, on ne s’ennuie jamais. Il se passe toujours quelque chose !
Le paradis des enfants
Pour couronner le dynamisme de la station, l’Association Nationale des Maires des Stations Classées et des Communes Touristiques a décerné en 2009 le label FAMILLE PLUS « Mer » à l’Office de Tourisme. Cette labellisation marque l’identité familiale de Villers et témoigne de l’attention particulière portée aux familles, en termes d’accueil et des services.
En harmonie avec l’environnement
Son côté nature, Villers a su le cultiver en préservant deux espaces de grande qualité paysagère et environnementale : les falaises des Vaches noires à l’ouest et le marais de Villers-Blonville à l’est. Afin d’assurer la pérennité de ces sites, le Conservatoire du Littoral y mène une politique de gestion durable.
Villers-sur-mer fut classée station climatique le 11 mars 1922.
Les efforts pour maintenir un cadre de vie et d'accueil agréable ont permis à la station d'être récompensée :
Villers, classée Station de Tourisme
La Préfecture du Calvados, puis le Ministère de l'Economie et de l'Industrie, par décret du 3 décembre 2009, ont classé la commune de Villers sur mer
Station de Tourisme, classement d'excellence qui ne concerne actuellement que quelques communes en France.
Label « Ville Fleurie, trois Fleurs »
L'attribution du label " Ville Fleurie" s'effectue selon une chartre précise basée sur trois séries de critères :
- Patrimoine paysager et végétal
- Développement durable et cadre de vie
- Animation et valorisation touristique
Au-delà du dinosaure, c'est toute la ville qui s'habille de couleurs, se pare de senteurs et se transforme au gré des saisons.
Monument historique
L'église Saint Martin de Villers Classement par arrêté du 20 décembre 2006
Label « Famille Plus »
Avec ce label la Ville de Villers-sur-Mer s’engage à un accueil personnalisé pour les familles, des animations adaptées pour tous les âges, des tarifs malins, des activités pour petits et grands, des enfants choyés par nos professionnels.
Trophées du Tourisme du Calvados
Les Balades Nature, Villers, Terre de Géologie, visites guidées qui sensibilisent le public à l’environnement et plus particulièrement au patrimoine géologique et paléontologique, ont été primé Trophées du Tourisme du Calvados.